samedi 6 mai 2023

Balade dans la forêt de Saou_29 avril 2023


Aux portes du village de Saoû dans la Drôme, se trouve l’une des plus belles forêts drômoises.
Le 19 avril 2023, nous y avons fait une petite rando de 2 heures.
C'est une propriété départementale de 2 355 hectares, et le plus grand espace sensible de la Drôme.

C'est un site classé depuis 1942 par l'Etat, au titre du patrimoine naturel et paysager. La forêt de Saoû fait aussi partie du réseau Natura 2000 (inventaire des sites à forte valeur patrimoniale réalisé à l'échelle européenne).

C'est une forêt à protection spéciale pour les oiseaux et une zone de conservation pour sa faune et sa flore.

Grâce à la diversité de ses milieux, forêts, prairies, alpages... la forêt offre un large panel d'activités économiques : l'exploitation du bois, le pastoralisme, les activités de loisirs de la nature...

Le bivouac, la pêche, la chasse, la cueillette y sont encadrés.

Le département a mis en place un Observatoire Photographique pour identifier la transformation des paysages remarquables du massif de Saoû et l'effet de l'action de l'homme. Des points phares sont régulièrement photographiés et analysés depuis 2013.

La forêt de Saou est classée espace naturel sensible.

C'est pour la chasse que la forêt de Saou attire les premiers hommes de 1050 à 750 avant notre ère. Ils installent leur campement provisoire au passage de la Baume-Hannibal, près des Trois Becs.

C'est ensuite pour son bois que de 1400 à 1500 que des paysans s'installent pour exploiter cette richesse naturelle allant même jusqu'à la surexploitation.

C'est pour se cacher, que la forêt accueille plus tard protestants, insurgés et maquisards.

Il reste dans le parc un patrimoine bâti qui témoigne du passé de cette forêt.

En 1852, le ministre Adolphe Crémieux, nouveau propriétaire de la forêt, fait construire un château aux murs roses baptisé « Villa Tibur ». Incendié et laissé à l'abandon, le château est rasé en 1971.

On entre dans l'ancien quartier des Girard, où se trouvait au milieu du XIXe siècle un véritable hameau. Il ne reste qu'une tour à grains et l'auberge des Dauphins.

Par amour du site, en 1924, le riche député du Haut-Rhin Maurice Burrus, qui devient propriétaire de toute la forêt après avoir racheté la part communale de Saoû et Francillon, entreprend un important reboisement. Il fait construire le circuit touristique de 27 km sur les flancs intérieurs du synclinal et l'auberge des Dauphins inspirée du Petit Trianon de Versailles.

Inauguré en 1934, ce restaurant de luxe qui obtint deux étoiles sur le guide Michelin de l'époque, était composé de deux salles décorées de faux marbres et de grands lustres.
Il se trouve à l'entrée de la forêt.



Ceinturé par une véritable muraille de calcaire, la forêt prend de l'altitude par le chemin des crêtes, jusqu’au point culminant (1 589 m) des célèbres Trois Becs : Rochecourbe, le Signal et le Veyou.












La Forêt de Saoû est aussi réputée pour être le plus beau «synclinal perché» d’Europe. Un phénomène qui attire sur place géologues, géographes et autres éminents spécialistes.

Un synclinal perché est un pli en forme de gouttière dont le cœur est occupé par des formations géologiques plus jeunes que les flancs.
Le synclinal de Saoû est entièrement fait de sédiments marins déposés pendant la 1er moitié du crétacé supérieur, daté entre 100 à 66 millions d'années.






Dommage que la pluie nous ait chassé, c'était une belle balade-découverte au milieu des chants d'oiseaux.

Nous étions au calme, dans un autre monde face à la grandeur de la nature.


Texte de Paulette Gleyze

Photos de Paulette et Gérard Gleyze

lundi 27 mars 2023

Le patrimoine de de Saint André _ balade jusqu'au hameau du Col



Le 18 mars 2023, sous un beau soleil printanier, nous allons à la découverte du Patrimoine de Saint André.

Le village de Saint André est situé à 3km en aval de Modane dans la vallée de la Maurienne en Savoie.
Il est situé en bordure du parc national de la Vanoise et à 1 090m d'altitude.
C'est une commune composée de 15 hameaux.

Dans les documents médiévaux, Saint-André est mentionnée sous les noms de Sancto Andrea et Sti Andree (1184), Sancti Andree (1197), Sancto Andrea (1237), Sti Andree XIVe siècle).

Bien accrochée à flanc de montagne, Saint-André était, au XIXe siècle, un village étape sur la route reliant par le col du Montcenis Turin, dans le Piémont, à Chambéry, en Savoie

Les auberges, les hôtels, les relais de poste et l'hôpital accueillaient les pèlerins, les colporteurs...

Le village a connu des périodes difficiles.
En 1536, les troupes de François Ier occupent, pillent et incendient le village.
En 1597, lors de la bataille entre les troupes piémontaises et françaises, la poudre entreposée dans l'église explose. Elle sera reconstruite en 1603 .
Entre 1703 et 1713, le village est occupé et réquisitionné par les troupes du roi de Sardaigne et celles de Louis XIV.
En 1743, le village subit l'occupation espagnole et les batailles avec les troupes piémontaises.
En 1792, il est occupé par les troupes révolutionnaires et en 1814/1815 par les troupes autrichiennes.
Entre 1940 et 1944, il subit l'occupation par les troupes italiennes et allemandes. St André et ses hameaux vont être bombardés, brûlés et pillés.

Le village garde des traces de son passé : fontaines, four banal, vestiges des moulins le long du ruisseau de la Scie.

De villages en hameaux, nous partons à la découverte du paysage rural et religieux en profitant de vues remarquables.

C'est sur le domaine de Saint André que l'on peut voir le poste télégraphique optique Chappe qui a été l'objet d'une de nos balades :

Saint-André possède encore un patrimoine religieux notable, témoignage d'une activité religieuse riche. A l'entrée du village, la Chapelle Notre-Dame-de-la-Pitié du 17e siècle et la Chapelle Saint-Roch, construite en 1634.  La Chapelle Saint-Étienne située au-dessus du village est la plus ancienne.

Saint André possède aussi des Croix Mauriennaises uniques, placées sur des supports monolithiques, à proximité des chapelles.

Nous démarrons notre balade depuis la chapelle Notre dame de la Pitié. Construite au 17e siècle, elle a rénovée en 1996/1997 et la toiture refaite en lauzes en 2014.
De là, le panorama sur les glaciers est magnifique.

Hélas, nous ne pouvons pas la visiter mais pouvons jeter un "coup de d'œil" depuis la fenêtre latérale.

Sa façade est ornée d'une peinture murale et d'une pietà.

Devant la chapelle, une colonne en pierre est surmontée d'une très belle croix savoyarde en fer forgé.

Nous passons devant le très beau Monument aux Morts de Saint André.

Nous prenons la route qui monte derrière l'église,

et empruntons le chemin plutôt raide qui monte jusqu'au Col.

vue unique

Nous longeons un premier hameau, détruit pendant la dernière guerre mondiale. Il ne reste que des ruines de pierres.

Nous arrivons à un deuxième hameau "Les plans" à 1321m d'altitude, avec quelques belles maisons dispersées.

Nous arrivons au hameau du Col à 1406m d'altitude.

Placé, sur l'unique route reliant Bramant à Saint Michel de Maurienne jusqu'au XVIIe siècle, le nom de ce hameau vient du passage entre le Rocher des Dents et le Sappey qui barrait la rive droite de l'Arc.
Ce barrage naturel deviendra un site stratégique avec la construction du fort du Sappey en 1844 et l'installation d'un important ouvrage de ligne Maginot devant la menace de l'annexion de la Savoie par les troupes italiennes.
Après le retrait des troupes italiennes, les troupes allemandes occupent la région. Elles ont incendié en partie Le Col en 1944. Des combats entre un régiment de tirailleurs marocains et un régiment de Modane contre les allemands a eu lieu le 13 septembre 1944 pour la prise du fort.

Du passé, il ne reste aujourd'hui du hameau que deux chapelles, Saint Jacques et Saint Blaise, le four banal et quelques façades de maisons et des moulins.

La chapelle Saint Jacques du 17e siècle a été rénovée en 2013 par la commune de Saint André.

On ne connaît pas la date de construction initiale de la chapelle Saint Blaise. Elle a été réédifiée en 1638 (comme l'indique la pierre gravée fixée à l'envers), restaurée en 1997 et rénovée en 2013.

De belles maisons typiques

Le hameau vivait de l'activité agricole et pastorale du hameau et comptait 150 habitants en 1910 et disposait de son école. Aux récoltes de céréales traditionnelles (orge, seigle, avoine, blé) d'autres activités ont occupé le village, comme la culture du chanvre, la récolte de l'absinthe et la récolte du miel.

Le chanvre était récolté en septembre et trempé dans des "nays", sorte de bassins creusés près des ruisseaux, pour séparer les fibres textiles des tiges. Les fibres, séchées, broyées et triées étaient ensuite tissées et mélangées à du fil de coton. Cela donnait un un tissu très solide qui servait à confectionner des pièces de draps ou de torchon (en patois savoyard des "trièges" ou des "truges"). Cette plante est aussi oléagineuse, médicinale et narcotique. Dommage que l'actualité ne retienne aujourd'hui que ce dernier usage.

La récolte de l'absinthe (Artemisia), plante aromatique et amère, servait à la fabrication d'une liqueur alcoolique qui a été interdite par la loi du 16 mars 1915. L'absinthe était cueillie par des travailleurs saisonniers qui la transportaient sur des charrettes à bras, jusqu'à Modane, d'où elle était expédiée en train jusque dans le midi de la France où elle était distillée.

Le miel était produit par une abeille de pays, noire, productive et résistante aux longs rudes mois d'hiver.

Nous terminons la rando à la chapelle romane Saint Etienne situé à 1190m d'altitude. Elle est aujourd'hui désacralisée.
C'est une construction romane antérieure au Xe siècle avec son autel extérieur en pierres qui rappelle la peste qui a décimé une partie de la population en 1630.

Saint André a été une belle découverte. Son histoire, ses monuments, son panorama...


Texte de Paulette Gleyze

Photos de Paulette et Gérard Gleyze
 
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